Rencontre avec les députés fédéraux de l’Outaouais

Par René Coignaud, Directeur de l’ACEF de l’Outaouais

Le mardi 12 janvier dernier, j’ai eu le plaisir d’avoir une première rencontre avec l’ensemble des députés fédéraux de la région de l’Outaouais, soit Messieurs William Amos (député du Pontiac), Gregory Fergus (député de Hull-Aylmer), Steven MacKinnon (député de Gatineau) et Stéphane Lauzon (député d’Argenteuil).

La rencontre se voulait une premier contact afin de se présenter et d’entamer le dialogue sur les enjeux d’intérêt commun.

Lorsque je leur ai demandé quelles étaient leurs principales mesures concernant les consommateurs et les ménages à faible et moyen revenu, ils m’ont fait part de la prestation canadienne pour les enfants qui, selon leurs dires, représente entre 4 et 5 milliards de dollars et qui devrait permettre de sortir des centaines de milliers d’enfants de la pauvreté.

Messieurs Fergus et Amos ont aussi fait part de la réalité que de nombreuses personnes démunies qui ont droit à des prestations ne les reçoivent pas parce qu’elles ne soumettent pas leur rapport d’impôt. Ces personnes sont difficiles à rejoindre et M. Amos a fait part des défis supplémentaires en milieu rural. Il a été question d’équipes mobiles allant à la rencontre des gens. C’est certainement une bonne idée. En avez-vous d’autres?

Pour les aîné-e-s, il a été question de bonifier de 10% le supplément de revenu et de développer un nouvel indice d’indexation des pensions de vieillesse qui traduirait le fait que les dépenses des personnes âgées augmentent plus vite que les dépenses en moyenne (Indice des prix à la consommation).

Divers sujets ont été effleurés dont l’accès à des services de communications abordables. Monsieur Amos me racontait avoir tout récemment visité des secteurs de sa circonscription où les citoyen-ne-s n’ont accès ni au téléphone, ni à l’internet.

Je représenterai l’ACEFO la semaine prochaine lors d’une consultation pré-budgétaire organisée par Monsieur MacKinnon et je rencontrerai à nouveau Monsieur Fergus pour parler plus à fond d’enjeux spécifiques et des intentions du gouvernement en lien avec diverses agences qui touchent les consommateurs.

Ce fut une première rencontre très positive.

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Un Jour, Ce Sera Votre Tour

Publié dans La Presse+, le vendredi 26 juin

Par René Coignaud, directeur de l’ACEF de l’Outaouais

On connaît les faits : nous sommes en déficit, la dette augmente et elle coûte une fortune. La seule solution : comprimer les dépenses pour soulager l’économie pour pouvoir recommencer à investir. Si ça fait mal, nous dit-on, c’est un sacrifice temporaire et nécessaire pour nos enfants. Au fait, qui au juste peut être contre se sacrifier pour les enfants ?

Ainsi, les enfants en difficulté qui attendent plus longtemps pour voir un professionnel à l’école le font pour leur propre bien et ils rattraperont leur retard d’apprentissage plus tard quand l’économie ira mieux. À moins qu’ils aillent payer une fortune au privé, si leurs parents ont l’argent. Ça contribue à l’économie : tout est dans tout !

Donc, on augmente les frais des CHSLD pour les personnes âgées à faibles revenus fixes, on coupe dans la nourriture et on réduit les activités pour les désennuyer. Elles n’ont qu’à attendre entre deux lointains bains en pensant à leurs petits-enfants pour lesquels elles se sacrifient temporairement. On s’occupera d’elles quand l’économie aura pris du mieux… voudrait-on nous faire croire.

Certainement, on vous fait payer de plus en plus pour toutes sortes de frais à l’hôpital, parfois au profit de la fondation censée vous venir en aide. C’est peut-être pour vous responsabiliser. C’est bien connu de ceux qui ne vivent pas cette réalité : les malades qui n’ont pas d’autres réels choix que de payer sont très irresponsables ! Qu’ils prennent leurs maux en patience, on a une économie à guérir avant eux ! Chacun son tour.

À n’en point douter, lorsque les organismes comme le mien peinent à équilibrer leur budget, ils n’ont qu’à réduire encore un peu plus leurs heures d’activités, à figer les salaires déjà non compétitifs et à trouver magiquement les économies qu’ils ont été trop bêtes pour déceler au cours de décennies de vaches maigres. Ils peuvent aussi, tout naturellement, se consacrer davantage à des collectes de fonds au détriment de leur mission. De toute manière, les gens n’ont qu’à attendre que l’économie aille mieux pour aller mal, soit, dans notre cas, avoir des problèmes d’endettement, semble-t-on nous dire.

Pourrait-on, temporairement, augmenter marginalement l’imposition de celles et ceux qui ont les moyens de payer n’importe quel service d’enrichissement à leur enfant, de payer pour des soins de santé au privé, qui s’imaginent qu’ils n’auront jamais besoin d’organismes communautaires et qui finiront leurs jours dans une maison de retraite luxueuse ? Calmez-vous, c’est temporaire, le temps que l’économie aille mieux !

Quelle monstrueuse hérésie, pensez-vous : ça nuirait à l’économie : elle ne s’en remettrait jamais. Vous prendriez vos jambes à votre cou pour épargner un ou deux points de pourcentage d’impôt sur vos revenus les plus élevés ou sur vos gains en capital et ce sont les démunis qui en souffriraient le plus ! C’est fou comment on se préoccupe des démunis !

Bien sûr, vous travaillez fort et vous méritez vos revenus. Ce n’est sans doute pas le cas des préposés aux bénéficiaires qui prendront soin de vous plus tard pour un salaire de misère, aux gens du milieu communautaire et tous les petits salariés qui vous servent sans le moindre effort ou mérite et qui écopent.

Et continuez d’imaginer que votre poste ne sera jamais aboli et que vous aurez toujours les moyens de ne pas voir les effets des politiques d’austérité.

C’est comme si un sacrifice pour les enfants semble toujours plus nécessaire lorsqu’il ne nous affecte pas !

Le dindon d’une sinistre farce

Publié dans La Presse+, le vendredi 6 mars 2015

Par René Coignaud, directeur de l’ACEFO

Avant d’être contribuables et consommateurs, nous sommes tous citoyens. Nous élisons un gouvernement pour que chacun ait accès, au meilleur coût, aux services qui lui sont nécessaires. Le contribuable participe d’abord pour une société équilibrée: juste et équitable, où chacun peut contribuer à son plein potentiel.

Il le fait pour obtenir les services de qualité dont il a, et aura, besoin tout au long de sa vie, y compris lorsque les aléas de la vie, la maladie ou l’âge le rattraperont.

En payant immédiatement davantage pour moins de services pour lui et les autres, maintenant et plus tard, il est perdant. Lorsque le gouvernement provincial équilibre son budget en déséquilibrant celui des municipalités et en faisant des coupes dans ses transferts sans préavis, l’équilibre n’a d’équilibre que le nom. Lorsque le gouvernement transfère au consommateur, à coût supérieur, des services essentiels comme ceux difficilement compressibles liés à la santé, le citoyen est perdant. Et quand on dit à ce dernier que c’est de la rigueur, il est le dindon d’une sinistre farce.

En abolissant, au nom de l’économie, des emplois qui soutiennent le développement économique dans les communautés déjà fragilisées, souvent par de précédentes politiques à tristement courte et étroite vue, le gouvernement ne sert pas le citoyen. En centralisant, dans l’espoir incertain de faire des économies, le gouvernement oublie comment il perd de l’efficacité et de la pertinence en s’éloignant des réalités, fragilisant particulièrement les communautés éloignées des grands centres au passage. Côté rigueur, on repassera.

Que dire lorsque, bientôt, l’essentiel des jeunes n’aura plus accès aux services des carrefours jeunesse-emploi – ou de ce qu’il en restera – pour améliorer son sort et développer son plein potentiel? Quel équilibre atteint-on en attendant que les jeunes soient sans emploi pour les soutenir? Tous sont rigoureusement perdants lorsqu’on gaspille les talents et l’enthousiasme de la jeunesse, de notre avenir.

De plus en plus, le gouvernement abandonne non seulement les laissés-pour-compte, mais aussi ceux qui leur viennent en aide. L’attention des organismes communautaires est de plus en plus détournée de leur mission, qui consiste souvent à compenser les manquements des gouvernements, pour plutôt devoir solliciter les dons d’un public déjà sursollicité. Est-ce vraiment dans les poches de celles et ceux dont toute l’existence est austérité qu’il faut gratter pour équilibrer les budgets des divers ordres de gouvernement?

Ne perdons pas de vue que c’est ultimement le budget des citoyens qu’il faut équilibrer aujourd’hui et pour l’avenir. Or, quand, pour créer l’illusion d’équilibre budgétaire à brève échéance, on leur impose des coûts monétaires et sociaux plus grands ailleurs, ils sont perdants. Et quand c’est fait à l’aveuglette, sans débat, on obtient en plus un déficit démocratique.

Achat d’un véhicule d’occasion, gare aux pièges!

par Kardiatou Ba

Étape 1 : faire le budget

Avant de magasiner, il est nécessaire de faire son budget afin d’évaluer  le montant qu’on est prêt à débourser pour payer sa voiture.  L’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais suggère un pourcentage de  10 à 15% du budget mensuel. Cela inclut les assurances, l’entretien, les plaques d’immatriculation et le permis de conduire.

De plus, méfiez-vous du financement de 2e et 3e chance au crédit. On vous fait miroiter des petits paiements, mais sur une longue période avec des intérêts frôlant les 30%. Le prêt risque d’avoir la vie plus longue que le véhicule.

Il faut faire un bon choix car acheter une voiture, même usagée,  coûte cher! Soyez prudentE quand vous magasinez  afin d’éviter d’acheter un citron.

Étape 2 : demander le dossier ou l’historique du véhicule

Avant d’acheter une auto d’occasion, demandez à voir le dossier du véhicule : contrat d’achat, manuels de garantie et d’entretien, factures de réparation, fiches de rappel du fabricant, etc.  Vous pouvez aussi faire vérifier le dossier du véhicule en demandant le rapport historique du véhicule. Ce rapport  vous informera si le véhicule a déjà été accidenté ou s’il existe des engagements non réglés associés à ce véhicule, et il vous donnera un aperçu de l’historique d’immatriculation et de la réputation de la marque. Vous pouvez demander le dossier du véhicule à la Société de l’assurance automobile du Québec.

Vous pouvez aussi vérifier l’historique du véhicule sur le site web de CarProof et de Carfax.  La vérification auprès de ces deux fournisseurs vous permettra de savoir si l’auto a été impliquée dans un accident, mais surtout de connaître l’historique du compteur kilométrique et de sa provenance.

Étape 3 : faire inspecter le véhicule

Si vous achetez votre voiture d’occasion chez un marchand, demandez de faire inspecter le véhicule par un garagiste indépendant. Même si cette procédure est aux frais du consommateur, elle peut vous éviter de mauvaises surprises encore plus coûteuses. Un commerçant ne peut pas vous empêcher de faire l’inspection de l’auto.

Faites inspecter l’auto même si on vous assure que cela a déjà été fait ou qu’elle a été certifiée. Même si l’examen mécanique ne révèle que des problèmes mineurs, vous serez au moins en mesure de négocier le prix avec plus de justesse.

Étape 4 : Vérifier si le véhicule est entièrement payé

N’oubliez pas de vérifier si elle est entièrement payée. Sinon, vous risquez  d’acheter la dette de son propriétaire. Pour éviter cette situation, consultez le registre des droits personnels réels et mobiliers (RDPRM) pour vous assurer que le véhicule ne sert pas à garantir une dette. Si la dette n’a pas été rayée du registre, le créancier pourrait saisir le véhicule ou réclamer le paiement de la dette au dernier acheteur. Cette étape est essentielle lors d’un achat entre particuliers. Un commerçant doit détenir une licence accompagnée d’une caution qui vous protégerait s’il se montrait incapable de régler une dette antérieure.

Étape 5 : Démasquer le faux particulier

Le faux particulier est un commerçant peu scrupuleux qui se fait passer pour un particulier afin de se soustraire, entre autres choses, à la Loi sur la protection du consommateur. Le risque, si vous faites affaire avec lui, c’est de vous retrouver avec un citron et de n’avoir aucun recours.

Voici quelques indices qui devraient vous mettre la puce à l’oreille :

  • Le prix de vente affiché est souvent inférieur à celui du marché pour le même modèle en bonne condition avec le kilométrage et les équipements annoncés;
  • Le faux particulier fera tout pour vous dissuader d’inspecter le véhicule;
  • Le faux particulier restera flou quant à la date à laquelle il a acheté le véhicule: «Ça fait quelques mois», «Je l’ai depuis plus ou moins un an». Un faux particulier évitera de se présenter comme le propriétaire d’origine, car il n’est pas en mesure de vous montrer le contrat d’achat;
  • Le véhicule qui vous intéresse n’est pas assuré pour circuler. «Je ne m’en sers plus, alors je n’ai pas renouvelé l’assurance.» Cela signifie généralement que le faux particulier n’a jamais assuré le véhicule à son nom;
  • L’immatriculation du véhicule commence par X- (la lettre suivie du trait d’union: il s’agit de la plaque d’un commerçant d’autos), il n’y a pas de plaque d’immatriculation ou, encore, celle-ci est périmée;
  • On vous propose de déclarer un prix inférieur à celui que vous avez payé, pour économiser sur la taxe de vente. Dans le cas d’une réclamation éventuelle de votre part, il sera difficile de revenir en arrière pour établir le prix réel payé lors de la vente.

Pour en savoir plus :

L’Office de protection du consommateur
L’Association de protection des automobilistes